L'atrophie [senti]mentale
Ceux qui parlent, ceux qui se taisent, ceux qui gardent et ceux qui font semblant. Ceux qui agissent, ceux qui vivent, ceux qui attendent et qui espèrent. Ceux qui font du mal sans le savoir, ceux qui font du mal en le sachant, ceux qui ne veulent surtout pas blesser, et ceux qui veulent surtout pas toucher.
Ceux qui parlent comme ils pensent et ceux qui pensent comme ils parlent, ceux qui ne parlent pas mais qui y pensent, ceux qui parlent sans réfléchir... Ceux qui ne veulent pas parler... ceux qui ne parleront plus jamais et ceux qui ne veulent plus jamais penser.
Et moi... et moi je m'atrophie. Je préfère me coudre les lèvres et scléroser mes pensées, je m'étouffe.
J'encaisse les paroles qui se veulent innocentes... et je garde enfouies celles qui le sont moins. Si mes pensées sont douces-amères, mes mots ressemblent à une poignée de graviers jetée au visage.