Des mots...

Vendredi 19 janvier 2007

O fins d'automne, hivers, printemps trempés de boue,
Endormeuses saisons! je vous aime et vous loue
D'envelopper ainsi mon cœur et mon cerveau
D'un linceul vaporeux et d'un vague tombeau.

Dans cette grande plaine où l'autan froid se joue,
Où par les longues nuits la girouette s'enroue,
Mon âme mieux qu'au temps du tiède renouveau
Ouvrira largement ses ailes de corbeau.

Rien n'est plus doux au cœur plein de choses funèbres,
Et sur qui dès longtemps descendent les frimas,
O blafardes saisons, reines de nos climats,

Que l'aspect permanent de vos pâles ténèbres,
-Si ce n'est, par un soir sans lune, deux à deux,
D'endormir la douleur sur un lit hasardeux.

Ch. Baudelaire

Par Salphea
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Jeudi 25 janvier 2007




Par les soirs bleus d'été, j'irai dans les sentiers,
Picoté par les blés, fouler l'herbe menue :
Rêveur, j'en sentirai la fraîcheur à mes pieds.
Je laisserai le vent baigner ma tête nue.

Je ne parlerai pas, je ne penserai rien :
Mais l'amour infini me montera dans l'âme,
Et j'irai loin, bien loin, comme un bohémien,
Par la Nature, - heureux comme avec une femme.


A. Rimbaud

Par Salphea
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Jeudi 25 janvier 2007

Le monde ne sera pas détruit par ceux qui font le mal, mais par ceux qui les regardent sans rien faire.

Par Salphea
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Samedi 27 janvier 2007
Un jour, le père d'une très riche famille amène son fils à la campagne pour lui montrer comment les gens pauvres vivent. Ils y passent quelques jours sur la ferme d'une famille qui n'a pas beaucoup à leur offrir.

Au retour, le père demande à son fils. : " as-tu aimé ton séjour? "
-"C'était fantastique, papa ! "
-"As-tu vu comment les gens pauvres vivent? " demande encore le père.
-"Ah oui! " Répond le fils
-" Alors qu'as-tu appris?"
Le fils lui répond " J'ai vu que nous n'avions qu'un chien alors qu'ils en ont quatre.
Nous avons une piscine qui fait la moitié du jardin et ils ont une grande crique.
Nous avons des lanternes dans notre jardin et eux ont des étoiles partout dans le ciel.
Nous avons une immense galerie à l'avant et eux ont l'horizon.
Nous avons un domaine mais eux ont des champs à perte de vue.
Nous avons des serviteurs alors qu'eux servent les autres.
Nous achetons nos denrées et eux les cultivent.
Nous avons des murs autour de la propriété pour nous protéger. Eux ont des amis qui les protègent. "
Le père en resta muet.
Le fils rajouta: " Merci Papa de m'avoir montrer tout ce que nous n'avons pas ".


Trop souvent nous oublions ce qui nous est acquis pour nous morfondre sur ce que nous n'avons pas.
Ce qui est un objet sans valeur pour un peut très bien être un trésor pour un autre. Ce n'est qu'une question de perspective.

C'est à se demander ce qui arriverait si on rendait grâce pour tout ce que nous avons au lieu d'en vouloir toujours plus.

Apprenez à apprécier ce que vous « avez ». Retrouvez vos yeux et votre cœur d’enfant et voyez combien il est important d’apprécier ce que vous avez plutôt que de vous soucier de ce que vous ne possédez pas.
Par Salphea
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Samedi 27 janvier 2007

Il y a des artistes que j'aime, et pour le coup, mes goûts sont éclectiques, mais de tous, deux se distinguent au point d'être incontournables.

Baudelaire et Cobain ont accompagnés les grandes étapes de ma vie. Et même si des blessures ont jaillis de ces années là, c'est eux qui m'ont aidés à ressentir vraiment et à extérioriser ces sentiments de colère, de solitude, d'amour.

C'est eux qui, involontairement bien sûr, prononcaient les mots, avaient l'attitude, la manière, nécessaire à ces moments, toutes ces choses qui demandaient désespérement à sortir mais qui restaient bloquées, comme les sanglots dans la gorge.

Cobain et Baudelaire, comme un duo de grand-frères. Ceux qui dès le départ me plonge dans un autre espace-temps, là où justement le temps n'a plus d'importance... Peut être me plongent-ils juste en moi-même?

L'un joue avec ses sentiments, l'autre en narrant les bas-fonds garde toujours cette élégance qui lui est propre...

Peut être que lorsqu'on a "adoré" une fois, les affinités suivantes paraissent mornes et sans folie... un peu ternes. Alors qu'eux ont cette particularité de faire remonter cette souffrance, là, quelque part dans le ventre... cette souffrance sans laquelle on se sent bien vide, un peu mort. Il n'y a qu'eux pour faire revivre cette brûlure, qui monte, monte et qui arrivée tout en haut laisse cet état profond de mélancolie chronique, qu'il ne reste plus qu'à décortiquer et à annihiler.

Je ne suis pas masochiste contrairement a ce qu'on pourrait penser de tout ça ;) ... Cette étape est pour moi nécessaire... salutaire...

Salutaire... puisqu'elle prend le pas sur la léthargie, cette espèce d'attente un peu sordide. Celle qui nous laisse entrevoir cette réelle souffrance qu'on attend patiemment mais qui obstinément reste cachée, à moitié... Alors je laisse remonter, oscillant entre souffrance et douce folie... Il parait que la rémission vient après une phase d'atteinte profonde... Vu le résultat je n'en doute pas...

Certains payent une séance chez le psy, moi, j'écoute et je lis...

Par Salphea
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Dimanche 28 janvier 2007

...

"Aimer savoir est humain,

savoir aimer est divin."

Joseph Roux

Par Salphea
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Dimanche 28 janvier 2007
La forêt qui s'élance au ciel comme une verge
Les serments naufragés qui errent sur la berge
Les oiseaux dénoncés que le chasseur flamberge

Les diamants constellés qui fuient les pâles couches
Tous les yeux de la rue qui crèvent sur ta bouche
Le pavé que tu foules et ma voix que tu touches

Les amants accolée muets comme la cire
Les culottes des femmes où le monde se mire
Les fauves repentis qui rendent des martyrs

Le ventre des pendus qui coule des potences
Les noces pathétiques où les larmes sont rances
Les émigrants qui n'ont jamais de pain d'avance

Les mains transfigurées qui règlent la tzigane
Baudelaire et Shakespeare au chevet des profanes
Les chevaux condamnés et leur dernière avoine

La voix pour commander à mille couturières
Un lit avec le Parthénon comme litière
Le cathéchisme de la joie la vie entière

Des violons barrissant les complaintes futures
Des tonnes de crachat sur la Critiquature
Le vent du large et des bûchers pour les clôtures

Des langues pour parler aux Chinois faméliques
Des poumons pour souffler au ventre des phtisiques
Des javas pour brouiller les chants patriotiques

Le ruisseau qui jouit jusqu'au Havre sans trêve
Le malheureux le chien qui meurt l'homme qui crève
Le sang des femmes qui sont mortes sans un rêve

Les cheveux élagués qui cherchent des caresses
Le remords amical du prêtre qui confesse
Les yeux des tout-petits riboulant de tendresse

L'orgue de la nature au souffle de violettes
Les rendez-vous mystérieux sous la voilette
Le numéro que tu voulais à la roulette

Les portes de secours battant sur les étoiles
Les Vendredis des Robinsons des capitales
La boussole des veuves aveugles sous leur voile

Le vain espoir des mitraillés sous la mitraille
La poitrine qui bat sous les pâles médailles
Les jésus désertant le fruit de tes entrailles

Les dentelles flottant au nez de la misère
Le loup blessé à mort qu'on regarde se taire
Le chant du coq et le silence de saint Pierre

Les cœurs déchiquetés qui parlent aux fantômes
Les gens de bien qui ont désintégré l'atome
Le Capital qui joue aux dés Notre Royaume

ET PUIS la majuscule ennui qui nous sclérose
Mon pauvre amour car nous pensons les mêmes choses
En attendant que l'Ange nous métamorphose...

Par Salphea
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Dimanche 4 février 2007

...

Le malheur des hommes est de se demander quoi tirer de l'existence, au lieu de donner quelque chose à la vie.
Par Salphea
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Samedi 17 février 2007

I'm a tree with my leaves in the breeze
Free in the air with my roots underneath me
Every time that I walk out the door
I'm alone in a world that I don't seem fit for
And it maybe that lately I can't be sure
And it maybe that lately I'm insecure...

I can't ever forget about...

-Sean Lennon-

 

Par Salphea
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Dimanche 18 février 2007

Il y a des jours comme ca... ou finalement s'occuper de l'autre fait un bien immense... A lire, a relire, a entendre, comprendre et ressentir...

Samuel, et Jonas ont quitté le pays.
Fatima et Mahmid ont sacrifié leur vie.
Parce qu'ils ont voulu, s'en remettre à demain.
Dessiner l'avenir le brandir de leurs mains.

Continuez la mémoire héritée des ancêtres,
pour qu'on ne voit jamais sa terre... disparaître.
Cette terre... poussière... fortune du manant
la monnaie des colons, la fierté de l'Orient.

Si la vie m'a mis là, c'est qu'elle doit avoir ma peau

Cette terre déserte, qui baigna dans le sang.
Lorsque les Blancs entrèrent au grès des quatre vents.
Cette terre défendue, maintes et maintes fois reprise,
que nos pères ont tenue, quand le monde lâchait prise.

Si la vie m'a mis là, c'est qu'elle doit vouloir ma peau
Inch' Allah
Si la vie m'a mis là, c'est qu'elle doit avoir ma peau

Quand les jets de nos pierres, face aux canons des chars,
étaient murs de poussière nous privant de victoire.
Un peuple délogé, isolé de son sol,
qui voudra rattraper l'histoire en son envol.

Ici, la vie, la mort, ont le même visage
Et l'avenir se dessine entre ruines et carnage.
Que les pages du Coran, explosent de lumière.
Je vous implore, Allah, ils ont volé ma terre.

Je vous envoie l'espoir, inondé de louanges.
Ils voient en vous démon, je vous sais être un ange.
Nourri par les prophètes, les plus impitoyables,
qui gravent sur nos cœur, les cendres du diable.

Moi, qui n'ai que ma vie à offrir en cadeau,
je ferai de mon âme, le plus grand des oiseaux.
Pousser par le soleil, libérant l'horizon
j'userai de ma vie, comme l'un de leurs canons.

Complainte de nos femmes, espoir d'enfant martyrs,
qui jettent dans les flammes des lambeaux d'avenir.
Blessures... trop profondes, pour être pansées,
comme un appel au monde ... ou à la liberté.

Regarde de sa main ce que l'enfant dessine
... le monde de demain
... avec la Palestine.

Si la vie m'a mis la c'est qu'elle doit avoir ma peau.

-Tryo-
"Si la vie m'a mis là"


--> Vous êtes encore à l'aise vous?
--> Moi pas...

Par Salphea
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